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PaulineB | Dernière modification 27/02/2026 par Quentin G.
Biodiversité, inventaire, Taxinome, Sciences participatives Un_premier_pas_vers_les_sciences_participatives_avec_Taxinome_logo_taxinomes.png
Peut-on contribuer à l’étude de la biodiversité sans être spécialiste ? Bien sûr ! C’est tout l’intérêt des sciences participatives.
Les sciences participatives, parfois appelées sciences citoyennes ou sciences collaboratives, sont "des formes de production de connaissances scientifiques auxquelles des acteurs non-scientifiques-professionnels — qu'il s'agisse d'individus ou de groupes — participent de façon active et délibérée ". (Définition reprise de Wikipédia).
Il existe de très nombreux protocoles de sciences participatives dans lesquels le grand public peut aider la recherche scientifique en fournissant des données de terrain. Il existe aussi d'autres formes de sciences participatives, qui n'ont pas nécessairement pour objectif de fournir des données de terrain standardisées utilisables dans la recherche scientifique. Ce sont les inventaires participatifs. Les Taxinomes est un inventaire participatif qui a pour but de partager le plaisir de l'observation et de la connaissance.
Les protocoles de sciences participatives standardisés destinés à la recherche peuvent parfois être intimidants. Aussi, avant de se lancer, il est très intéressant de commencer avec un inventaire participatif comme Les Taxinomes.
Pour participer, on peut soit simplement prendre des photos, identifier les espèces et recueillir des renseignements. Afin d'avoir de bonnes photos très précises (par exemple pour les insectes), il est possible de les capturer avec de petits dispositifs simples.
Consulter le livret de préparation (dans la partie "fichiers" de la rubrique "outils et matériels")
Se munir de son matériel en fonction des choix qui auront été faits. Ce choix peut être "observation photographique simple" et dans ce cas, il est nécessaire d'avoir :
- Un appareil photo.
- Une feuille de papier pour prendre des notes.
- Un moyen de se repérer.
- Un moyen d'identifier les espèces qui seront photographiées (voir la partie "identifier")
- Un compte sur le site des Taxinomes.
- Choisir la cible : définir le ou les groupes à observer (pollinisateurs, coléoptères du sol, araignées, etc.).
- Où chercher : lisières, fleurs, haies, herbes hautes, sous pierres/bois mort, troncs, feuilles.
- Sécurité/éthique : éviter de manipuler les espèces qui piquent/mordent, limiter le nombre d’individus, garder l’habitat en l’état.
- Comment capturer (si besoin)
Pour chaque photo, rassembler les informations qui serviront à la mise en ligne :
- Date et heure, lieu (adresse/coordonnées), habitat (fleurs, haie, prairie, sol nu…).
- Méthode (filet, aspirateur, observation photo sans capture).
- Taxon (groupe, genre ou espèce) + auteur de l’identification.
- Nombre d’individus (approximativement), photos (noms de fichiers), remarques (comportement, météo).
Il y a une fiche d'observation disponible dans le livret proposé dans la partie "outils et matériels" section "fichiers".
On peut trouver plus d'informations dans la rubrique Aide des Taxinomes (ici)
Objectif : obtenir des photos nettes et informatives pour l’identification.
- Net et stable (soutenir les coudes, plusieurs essais).
- Plusieurs vues : dessus, profil, détail (ailes, antennes, motifs, pattes).
- Échelle : placer une règle ou une pièce à côté (sans toucher l’animal).
- Lumière : éviter l’ombre portée sur l’individu et les reflets (lumière naturelle).
L'inventaire participatif des Taxinomes propose une carte. Il est nécessaire de renseigner où ont été prises ses photos. Un moyen simple pour cela est d'ouvrir une application GPS sur son téléphone, regarder où l'on se trouve et renseigner cela sur sa fiche de relevé (une localisation suffit pour plusieurs photos prises sur un site). Par contre, si des photos sont prises en faisant une balade de plusieurs kilomètres, il est intéressant de relever la localisation plusieurs fois.
L'identification peut être faite sur place ou plus tard, à l'aide de ses photos.
Pour identifier une espèce (ou un groupe, il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à l'espèce !), il faut utiliser une clé de détermination. Une clé de détermination est un document sur lequel à chaque étape vous devez observer un critère et répondre à une question. Cela permet de choisir une branche dans la clé et d'accéder à la question suivante.
Dans l'idéal, on parvient de cette façon à trouver le nom d'espèce. Parfois, on bute sur une question. Dans ce cas, on peut rester à la dernière question à laquelle on a pu répondre, et cela donne le nom du groupe auquel appartient l'organisme observé.
Si l'identification est faite grâce à une clé, il est utile de noter quelques critères de manière à justifier l'identification (exemple : deux bandes sur l'abdomen) et de comparer avec les déductions d'une autre personne.
Il est également possible d'utiliser une application. Par exemple, pour identifier les plantes, il peut être intéressant d'utiliser Plantnet. Dans ce cas, il est important de faire attention à l'indicateur fourni avec l'identification. Parfois, le résultat n'est pas certain et dans ce cas, il vaut mieux prendre une autre photographie, sous un autre angle jusqu'à obtenir une bonne certitude.
En fonction de l'organisme qui a été pris en photo, il existe une grande quantité de clés de détermination trouvables sur internet (voir aussi la rubrique "sources et ressources"). Certaines clés appartiennent à des protocoles de sciences participatives. Elles sont utilisables pour faire une séance de Taxinomes.
Si l'on ne parvient pas jusqu'à l'espèce : ce n'est pas grave !
- Se connecter sur Taxinome (lestaxinomes.org).
- Créer un compte (cela nécessite un pseudo et une adresse email) ou utiliser le compte déjà existant d'une autre personne.
- Téléverser les photos et renseigner les champs : localisation, date/heure, habitat, méthode, niveau d’identification, commentaires
- Relâcher chaque individu exactement où il a été capturé.
- Faire un petit debrief : ce qu’on a observé, difficultés d’identification, comment ces données aident la recherche.
- Richesse spécifique : combien d’espèces ou de groupes différents ont été observés ?
- Abondance : combien d’individus au total sont venus dans chaque zone d’observation (sur une même durée) ?
- Comparaison entre zones :
- Observations originales : y a-t-il eu des comportements particuliers, des espèces rares ou inattendues, des différences de taille/couleur dans un même groupe ?
- Les données brutes (observations de chaque groupe) prennent du sens lorsqu’elles sont comparées et mises en commun.
- La biodiversité peut varier fortement selon l’habitat, les ressources disponibles, l’heure, la météo.
- Observer et noter de façon rigoureuse permet de poser des hypothèses (ex. “les zones avec plus de fleurs colorées attirent davantage de pollinisateurs”).
Certaines espèces peuvent être difficile à observer selon les périodes de l'année (par exemple les pollinisateur en hiver)
Privilégier une météo clémente pour ce type d'activité.
Prévoir une connexion réseau pour se connecter aux Taxinomes.
Même avec de petites observations, on peut dégager des tendances et contribuer à la recherche scientifique. Ce type de données, collectées par beaucoup de personnes à différents moments et endroits, permet de suivre l’évolution de la biodiversité dans le temps.
Les observations recueillies permettent de mettre en évidence :
Les sciences participatives sont devenues depuis une dizaine d'années des sources de données très importantes pour les chercheurs, en particulier dans le domaine de la biologie de la conservation. Dans le passé, les données naturalistes rassemblées par des amateurs et amatrices éclairés représentaient une aide, toutefois pas dans les mêmes proportions que ce qu'on observe actuellement. Une intervention au Collège de France d'Anne Dozières (directrice du programme Vigie nature) qui présente les différentes utilités des sciences participatives pour la recherche est disponible ici
- Observer autour de soi : les insectes et petits animaux sont partout, même dans la cour de l’école, le jardin ou le parc. Apprendre à les regarder attentivement permet de mieux comprendre leur rôle.
- Comprendre l’impact humain : la diversité des plantes et des zones fleuries attire plus de pollinisateurs. Cela montre que nos choix (jardin, balcon, parc) influencent directement la biodiversité locale.
- Devenir acteur·rice de la nature : même de petites actions (planter des fleurs, éviter les pesticides, laisser un coin sauvage) ont un impact sur la vie autour de nous.
- Relier science et quotidien : participer à un inventaire de la biodiversité, c’est exactement comme les scientifiques, mais dans son environnement proche. On peut ainsi observer, noter et réfléchir à la manière dont nos gestes et nos espaces de vie influencent les espèces qui nous entourent.
Pour aller plus loin, il existe de nombreux protocoles de sciences participatives, en fonction des thématique, du temps dédiée, de la tranche d'âge du public. Un certain nombre d'entre-eux sont décrits sur le Wikidebrouillards (voir "vous aimerez aussi").
S'initier aux sciences participatives à la campagne
S'initier aux sciences participatives sur le littoral
S'initier aux sciences participatives en ville
- Apprendre à observer le vivant de manière attentive et structurée.
- Découvrir la démarche scientifique : poser une question, collecter des données, les organiser et les partager.
- Comprendre l'importance des protocoles standardisés.
- Découvrir la base des sciences participatives.
- Découvrir les êtres vivants présents dans ton environnement.
- D’initier à l’identification d’espèces à l’aide de fiches d’identification.
- Alimenter un inventaire de la biodiversité.
Autres manières d'animer cette expérience :
- Observation 100 % photo : macro avec smartphone + loupe, sans manipulation.
- Focus habitat : inventaire des plantes à fleurs + pollinisateurs observés en vol (photo + notes rapides).
- Le site Les Taxinomes
- Une page sur ce qu'il est possible de faire ou ne pas faire en cas de capture et manipulation de reptiles et amphibiens sur le site de la Société française d'herpétologie (les conseils valent aussi pour les autres espèces).
- Le site lié au projet Plantnet, qui comporte une appli à installer sur téléphone mobile ou tablette pour identifier les plantes (le projet Plantnet est lui même un projet de sciences participatives).
- La clé de détermination des limaces et escargots de Vigie nature ici
- La clé de détermination des insectes pollinisateurs de Spipoll ici
- La clé de détermination des oiseaux de jardin de Vigie nature ici
- Aide à l'identification de la petite faune du sol de Jardibiodiv ici
Dernière modification 27/02/2026 par user:Quentin G..
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